Dans le cadre de sa participation aux Assemblées Annuelles du Groupe de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI), Monsieur Aïmene BENABDERRAHMANE, Premier Ministre, Ministre des Finances, a pris part ce Lundi 18 octobre 2021, par visioconférence, à des rencontres avec les premiers responsables des institutions de Breton Woods, en sa qualité de Gouverneur de l’Algérie auprès de la Banque Mondiale.

Ces réunions qui se tiennent habituellement lors des Assemblées Annuelles du Groupe de la Banque Mondiale et du FMI, ont constitué une plateforme d’échange et de partage, à travers lesquelles les Gouverneurs de ces deux institutions ont exprimé leurs préoccupations sur les questions de développement pour leurs pays respectifs.

Dans ce cadre, le Ministre des Finances a participé à la rencontre des Gouverneurs arabes avec le Président du Groupe de la Banque Mondiale, où les discussions ont porté essentiellement sur les principaux défis auxquels les pays arabes sont confrontés, notamment, pour ce qui est de la reprise économique post-pandémique qui reste incertaine pour plusieurs pays.

Les Gouverneurs arabes ont, à ce titre, exprimé leur préoccupation concernant la divergence de la croissance, notamment entre les pays avancés et en développement, due principalement à l’accès inégal aux vaccins, ainsi qu’à la marge de manœuvre budgétaire réduite pour répondre à la crise.

La réunion a été aussi une opportunité pour cibler les principaux domaines pour lesquelles la Banque Mondiale peut apporter son appui aux pays arabes, notamment en matière d’allégement de la dette au profit des pays surendettés, de promotion d’un développement vert, résilient et inclusif et de mobilisation de financements adéquats au profit des pays de la région.

Le Ministre des Finances a également pris part à la réunion des Gouverneurs de la région MENA avec la Directrice Générale du FMI, qui a focalisé cette année sur les défis climatiques dans les pays de la région. Cette rencontre a constitué une plateforme d’échange sur les coûts des catastrophes naturelles liées au changement du climat, ainsi que sur les enjeux en matière d’atténuation du changement climatique et de transition énergétique.

Dans ce cadre, M. BENABDERRAHMANE a rappelé que l’Algérie accorde une attention particulière à la menace des changements climatiques, en intégrant la politique environnementale dans sa stratégie globale de développement et ce, même si notre pays est considéré comme un pays peu émetteur de gaz à effet de serre et que sa responsabilité historique en la matière n’est pas engagée.

Il a, par ailleurs, indiqué que le Gouvernement algérien a élaboré plusieurs plans et programmes sur les changements climatiques et que le cadre algérien législatif et réglementaire a été renforcé par la promulgation de plusieurs lois et dispositions sur la question climatique. Une panoplie de dispositions fiscales incitatrices et dissuasives en application du principe du « pollueur payeur », ont été également instituées dans le cadre des Lois de Finances, a-t-il noté.

Sur un autre plan, M. BENABDERRAHMANE a félicité le FMI pour la stratégie nouvellement adoptée en vue d’aider les pays membres à mieux répondre aux défis politiques liés au changement climatique.

Il a également souligné qu’au-delà de la problématique cruciale de financement des actions climatiques, des mesures concrètes doivent être prises à l’échelle mondiale pour permettre un véritable transfert de technologies et de savoir-faire vers les pays en développement, permettant de contribuer à leur assurer une transition efficace et rapide vers une Economie Verte et respectueuse de l’environnement.

Il a invité, a cet effet, le FMI, en partenariat avec les autres partenaires de développement, à mettre en place des approches pragmatiques pour répondre aux besoins et capacités différenciés des pays et inciter à un transfert réel de technologies respectueuses de l’environnement.

Enfin, le Ministre des Finances s’est entretenu, par visio-conférence, avec Monsieur Jihad AZOUR, Directeur du Département du Moyen Orient et de l’Asie Centrale (MOAC) au FMI et son équipe. Cette rencontre a constitué une occasion pour échanger sur la situation économique en Algérie, notamment dans le contexte des défis imposés par la COVID-19, sur les politiques publiques à mettre en place pour répondre aux répercussions socio-économiques de la pandémie, ainsi que sur la nature de l’appui technique que pourrait apporter le FMI à notre pays.

Dans son intervention, M. BENABDERRAHMANE a rappelé les mesures prises par l’Algérie pour faire face à l’impact de la pandémie, notamment en matière de protection des populations vulnérables et de préservation de l’activité économique. Il a également indiqué que l’économie algérienne a renoué avec la croissance en 2021 après la reprise de l’activité dans plusieurs secteurs de l’économie.

Il a, par ailleurs, présenté les grands axes du nouveau Plan d’Action du Gouvernement, qui constitue une vision stratégique globale pour le développement du pays dans les années à venir. Il a aussi souligné qu’en dépit de la reprise des prix de pétrole sur les marchés internationaux, l’Algérie est déterminée à accélérer les chantiers ambitieux de réformes structurelles déjà lancés, notamment dans les domaines fiscal, budgétaire et bancaire en vue de sortir du modèle économique basé sur la distribution de la rente, vers un modèle basé sur la création de richesse.

Sur un autre plan, M. BENABDERRAHMANE a signalé que le Gouvernement algérien s’attelle actuellement à travailler sur la question d’une mobilisation plus accrue des ressources domestiques pour le financement de notre économie, notamment à travers l’inclusion fiscale et financière et l’intégration du secteur informel.

De son côté, M. AZOUR a indiqué que même si les prix des hydrocarbures ont enregistré dernièrement une tendance haussière, l’engagement continu des politiques publiques reste indispensable pour soutenir la reprise économique et maintenir la stabilité macroéconomique.

Enfin, le Directeur du département MOAC du FMI a exprimé son appréciation à l’égard du partenariat de son institution avec l’Algérie et a réitéré la disposition du Fonds à poursuivre son accompagnement au processus de réformes engagé par notre pays et ce, à travers les actions d’assistance technique et de conseil.

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