Aperçu
Dès le milieu des années quatre-vingt,
avec l'apparition de la crise économique, suscitée notamment par l'effondrement
des cours mondiaux du pétrole, le chômage devient en Algérie une donnée tangible.
Cependant, c'est à partir de 1994 que le phénomène s'exprime dans toute son
ampleur en générant une forme inédite de chômage : la perte d'emploi pour cause
économique.
Principal employeur durant des décennies, le secteur public
économique, confronté aux contraintes d'une difficile transition, connaît de
nombreuses turbulences. En effet, l'adoption de réformes destinées à assurer
le passage à l'économie de marché entraîne une considération de l'ensemble des
règles de fonctionnement des entreprises publiques. Celles-ci adoptent des plans
de redressement et de restructuration souvent drastiques.
La réduction
des effectifs par la compression ou le départ en retraite anticipée s'impose
alors comme l'une des principales mesures adoptées. Les entreprises publiques
présentaient un ratio moyen de la masse salariale sur la valeur ajoutée d'environ
60 %.
Dans une moindre mesure, le secteur privé n'est pas épargné puisque
durant la même période plus de cent entreprises ont fermé leurs portes, affectées
soit par la dévaluation du dinar et les pertes de change qui ont grevé leurs
trésoreries, soit par l'affirmation plus marquée de la crise dans des secteurs
comme le BTP, soit encore par la concurrence des produits importés massivement
à la faveur de la libéralisation du commerce extérieur.
Ainsi, de 1994
à1998, peut-on dénombrer, tous secteurs juridiques confondus, prés de 1.400
entreprises dissoutes ou ayant recouru à une compression de leurs effectifs.
Environ 250.000 travailleurs, dont 40.000 au régime de la retraite anticipée,
se sont trouvés concernés par ce mouvement aux lourdes implications sociales
d'autant que la pression démographique amène chaque année sur le marché du travail
prés de 250.000 nouveaux demandeurs d'emplois.
Les négociations avec les
pouvoirs publics suscitées par le partenaire social, l'Union Générale des Travailleurs
Algériens, ont permis d'initier une réflexion active sur la prise en charge
des chômeurs. Celle-ci s'est aussi tout orientée vers la recherche de solutions
durables par la mise en place d'un dispositif structurel. Il s'agissait en effet
de parer aux urgences mais aussi d'envisager le long terme et notamment le caractère
aléatoire de l'emploi dans une économie de marché.
Missions
En mai 1994, un décret législatif institue
l'assurance chômage en faveur des salariés susceptibles de perdre leur emploi
de façon involontaire et pour raison économique. Cette décision est suivie le
6 juillet de la même année par le décret exécutif 94-188 qui donne le jour à
la CNAC, la Caisse Nationale d'Assurance Chômage.
La jeune institution
a pour mission essentielle d'assurer l'employé et l'employeur contre un risque
économique aux incidences sociales. Pour ce faire, elle est chargée de : tenir
à jour le fichier des affiliés et d'assurer le recouvrement, le contrat et le
contentieux du recouvrement des cotisations destinées au financement des prestations
de l'assurance chômage,
de
gérer les prestations servies au titre du risque qu'elle couvre,
d'aider
et de soutenir en relation avec les services publics de l'emploi
et les administrations de la commune et de la wilaya, la réinsertion
dans la vie active des chômeurs régulièrement admis au bénéfice
des prestations de l'assurance chômage,
d'organiser
le contrat prévu par la législation en vigueur en matière d'assurance
chômage,
de
constituer et de maintenir un fonds de réserve pour lui permettre
de faire face en toute circonstance à ses obligations vis-à-vis
de ses actionnaires.
La fonction centrale d'assurance de la CNAC est d'emblée étendue à une participation au développement de la création d'activités au profit des chômeurs dont elle a la charge. Exercée en relation avec les institutions financières et le fonds national de promotion de l'emploi, cette participation englobe le financement des études sur les formes atypiques de travail et de rémunération ou sur la création d'activités nouvelles, l'identification de créneaux d'emplois et l'aide aux entreprises en difficulté pour la préservation de l'emploi.
Evolution
Le législateur a traduit une volonté
marquée d'inscrire l'action de la CNAC dans une démarche globale et évolutive.
Ce dessein se confirmera d'ailleurs dans le décret exécutif du 10 février 1999
adopté en complément du premier.
D'autres cadres d'initiatives sont
ouverts à travers:
La participation au financement des actions entrant dans le cadre du micro-crédit, à travers notamment des contributions financières au Fonds de garantie des risques découlant des micro- crédits,
la possibilité de participer au financement de la création d'activités par les chômeurs éligibles à l'assurance - chômage, soit par des apports de crédits complémentaires à ceux bénéficiant de micro - crédits, soit par une participation à un montage de crédits spécifiques avec les institutions financières.
En conférant la CNAC un rôle dynamique, ces ouvertures législatives doivent lui permettre progressivement de contrebalancer les contraintes induites par l'émergence d'un régime d'assurance chômage dans un environnement qui n'était pas préparé, particulièrement du point de vue de la rigidité des relations de travail.
C'est ainsi que le régime algérien de l'assurance chômage se distingue par sa modernité. En effet, dès sa naissance il a adopté les nouvelles normes de gestion du chômage lesquelles, partout dans le monde, tendent à ne plus se circonscrire au seul rôle d'indemnisation passive des chômeurs. Il s'agit également d'engager une dynamique de soutien des demandeurs d'emploi indemnisés en vue d'améliorer leur employabilité.
Statistiques annuelles



