Certains
indicateurs du cadrage macroéconomique de la loi de finance complémentaire
2008 ont été corrigés par rapport à la loi
de finances initiale.
Les corrections ont porté sur :
1) La croissance du PIB qui passe, en terme réel, de 5,8%
à 3,5% globalement et de 6,8%
à 6,5%, hors hydrocarbures.
2) Le taux d’inflation qui passe de 3% à
3,5%.
3) Le taux de change qui passe de 72 DA pour 1$ à
70 DA pour 1$.
4) Le prix de référence fiscal du baril de pétrole
brut qui passe de 19$/bl à 37$/bl.
5) Les importations de marchandises qui passent de 26 milliards
de $ à 30 milliards de $, sur la base d’une
progression de 10%, en valeur courante, par rapport aux importations
réalisées en 2007 (27,8 milliards de $).
Concernant
la croissance du PIB
La baisse de la croissance économique de 5,8%, dans la loi de
finances pour 2008, à 3,5% dans le projet d’ordonnance
est principalement imputable à la révision à la
baisse de la croissance, en volume, des valeurs ajoutées du secteur
des hydrocarbures qui passe de 2,6% dans la loi de finances initiale
à une stabilisation dans le projet d’ordonnance. Ce recul
est introduit par référence au PMTE 2008-2012 de la SONATRACH.
Hors hydrocarbures,
la croissance du PIB baisse de 0,3%, passant de 6,8% dans la loi de
finances initiale à 6,5% dans le projet d’ordonnance. Ce
léger recul provient de la correction de la croissance, en volume,
de la valeur ajoutée du secteur des services, par référence
aux réalisations de 2007, actuellement disponibles.
Concernant
le taux d’inflation
Deux
facteurs fondamentaux militent pour la révision à la hausse
du taux d’inflation, annoncé dans la loi de finances initiale
(passage d’un taux d’inflation de 3% à 3,5%) :
-
La poursuite de la progression des prix des produits alimentaires
de base sur le marché international. Selon certains spécialistes
la hausse des prix sera, cependant, plus lente en raison d’un
accroissement de l’offre en provenance, notamment, de l’Union
Européenne, générée par la suppression
des jachères et l’augmentation des quotas de production
de lait. L’adaptation de l’offre mondiale à la
demande mondiale nécessitera, bien entendu, des délais
de moyen terme.
-
L’accroissement de la demande intérieure, stimulée
par la revalorisation des salaires dans la fonction publique et ses
effets de contagion probable sur les rémunérations dans
la sphère économique.
Comme indiqué précédemment, l’inflation observée
au cours du premier trimestre 2008 s’est positionnée à
un taux de 4,8%. Ce niveau de taux est à prendre, cependant, avec
précaution parce qu’il est comparé au premier trimestre
de 2007, période durant laquelle la flambée des prix des
produits alimentaires de base n’a pas encore eu lieu.
Un effort est, par ailleurs, consenti au plan budgétaire pour le
soutien, en 2008, des prix du blé dur qui vient s’ajouter
au soutien des prix du blé tendre et du lait en sachet, déjà
opérationnel en 2007.
Un tel soutien, dont l’objectif est de préserver l’accès
des ménages à ces produits a un effet, indirect, d’atténuation
de l’inflation importée.
Compte tenu de l’ensemble de ces considérations, le taux
d’inflation se positionnerait au même niveau qu’en 2007,
soit 3,5% au lieu de 3% dans la loi de finances initiale.
Concernant
le taux de change
Maintenir un taux de change de 72 DA pour 1$US, comme prévu dans
la loi de finances initiale, devient difficilement acceptable, au regard
de la tendance de la parité monétaire du dollar par rapport
aux principales devises.
La tendance, déjà observée en la matière,
devrait se poursuivre selon la majorité des experts sur les questions
monétaires. Une récession de l’économie américaine
semble envisageable et la perte de confiance dans le dollar, en tant
que monnaie refuge, semble s’approfondir.
Il convient d’indiquer, toutefois, que le taux d’intérêt
directeur de la FED, qui est actuellement de 2%, a atteint son niveau
plancher limite et il est peu probable que sa réduction se poursuive
dans les mois à venir.
En tout état de cause, en raison des incertitudes qui pèsent
sur les prévisions du comportement de la parité dollar/euro,
il nous semble prudent d’opter pour un taux de change de 70 DA
pour 1$US.
Concernant le prix de référence
fiscal du baril de pétrole brut
Le prix de référence fiscal du baril de pétrole
brut retenu dans le cadrage macroéconomique est de 37$/bl, au
lieu de 19$/bl dans la loi de finances initiale pour 2008.
Ce nouveau prix de référence fiscal représente
la moyenne décennale 1998 – 2007 des prix d’exportation
du pétrole brut. C’est cette même méthode
de moyenne décennale qui a permis de retenir le prix historique
de 19$/bl, appliqué depuis 2000, à l’exception de
l’année 2002 où le prix de référence
fiscal a été de 22$/bl.

Les simulations
faites sur la base de ce nouveau prix de référence situent
la fiscalité pétrolière budgétisée
à 1 715 milliards de DA et ne gêneraient pas les flux de
ressources créditant le fonds de régulation des recettes
(FRR). Le déficit du Trésor se situerait, à fin
2008, à 1 402 milliards de DA, soit un ratio déficit du
Trésor sur PIB de -17,6%, au lieu d’un ratio de -25,7%
dans la loi de finances initiale.
Le prix de référence fiscal de 37$/bl rapproche le déficit
prévu en 2008 de celui observé à fin 2007 qui a
atteint 1 295 milliards de DA, représentant par rapport au PIB,
un ratio de -13,8%.
Concernant les importations de marchandises.
Elles passent de 26 milliards de $ dans la loi de finances initiale
à 30 milliards de $ dans le projet d’ordonnance. Ce mouvement
est dû à la prise en compte des réalisations de
l’année 2007, actuellement disponibles, qui s’élèvent
à 27,8 milliards de $, au lieu de la prévision pour 2007
qui situerait les importations à 23,5 milliards de $. Il s’agit,
par conséquent, d’une actualisation de la prévision
initiale.
Concernant
les importations de marchandises
Elles passent de 26 milliards de $ dans la loi de finances initiale
à 30 milliards de $ dans le projet d’ordonnance. Ce mouvement
est dû à la prise en compte des réalisations de
l’année 2007, actuellement disponibles, qui s’élèvent
à 27,8 milliards de $, au lieu de la prévision pour 2007
qui situerait les importations à 23,5 milliards de $. Il s’agit,
par conséquent, d’une actualisation de la prévision
initiale.
|